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Fontenay en Transition

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Pour une vision positive du futur !


Compte de rendu de la dernière disco soupe du Jardin d'Alice.

Publié par Fontenay en Transition sur 24 Décembre 2013, 11:27am

Catégories : #transition

La dernière disco-soupe du Jardin d’Alice

BARNABÉ BINCTIN (REPORTERRE)

mardi 17 décembre 2013

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Lundi soir, le jardin d’Alice accueillait une Disco Soupe sur les terrains qui seront bientôt rendus à Paris-Habitat pour y bâtir des logements sociaux. Une dernière fête dans le squat artiste et agricole.

Reportage, Paris

Le 16 décembre, on célèbre la Sainte Alice. Mais lundi soir, au jardin d’Alice, c’était la fin de cet espace partagé que l’on fêtait autour d’une grande Disco Soupe. Une bonne manière de rendre hommage à l’état d’esprit convivial et rassembleur qui aura caractérisé ce lieu pendant cinq ans.

Autour d’un grand feu, les plus motivés maniaient donc râpes et éplucheurs pour cuisiner les fruits et légumes rebuts de la grande distribution. Selon Clément, co-président de Disco Soupe, ce sont près de quarante kilos qui ont été récupéré auprès du Casino de Ménilmontant, lundi matin. « Selon les responsables du magasin, ces déchets alimentaires partent en Allemagne en camion pour faire du biogaz… » confie-t-il, racontant l’étendue du gaspillage alimentaire qu’il rencontre au quotidien auprès des supermarchés.

On prépare une soupe et de la ratatouille, ainsi qu’une salade de fruits géante. En attendant, pour l’apéro, chacun peut profiter d’un smoothie pomme-poire-banane assaisonné au sirop d’agave, ou, plus exotique encore, à la sève de kitul – le suc de tige de fleurs du Canyota Urens, un arbre sri lankais – des produits issus du commerce équitable. Une fois n’est pas coutume, pas de musique disco pour accompagner cette joyeuse cuisine collective, mais de la musique tribale expérimentale. Sur scène, les musiciens jouent du didgéridoo et tapent sur un cajon. Le groupe – PranaVibes – fait partie depuis des années de ce squat d’artistes, poussé à la sortie par Paris Habitat, l’office public de l’habitat parisien.

En mars 2009, cinq artistes précaires avaient investi les lieux. Pendant près de cinq ans, le jardin d’Alice aura mêlé atelier artistique et agriculture urbaine dans l’immeuble occupé aujourd’hui par treize personnes. Il y a quelques semaines, deux des initiateurs du projet présentaient ainsi son objectif : « L’initiative du collectif puis sa légalisation ont permis à des centaines d’artistes de travailler, répéter, créer librement, accueillis en résidence quasi-gratuite et de présenter leurs œuvres au public dans le grand jardin de 800 m2. Il a été un lieu quotidien de jardinage sensible, travail, fête, rencontres, pour les riverains. Pour lire sur un banc, planter, respirer ou écouter les merles ».

Mais la convention d’occupation temporaire est arrivée à échéance, et Paris-Habitat, propriétaire des lieux, récupère le terrain pour y construire des logements sociaux. Pour Sandrine, une habituée de ce jardin, « les citoyens se mobilisent pour continuer de faire vivre l’esprit des jardins partagés, mais ils ne sont pas entendus. Nous demandons par exemple à ce qu’un bout du jardin soit gardé et rendu public, depuis la rue, pour que chacun puisse continuer d’en profiter. Les logements, c’est bien, mais nous avons besoin d’espace de rencontre et de lien social, c’est vital dans la ville ».

Similaire à celui du Bois Dormoy, du Théâtre de Verre ou du Shakirail, le sort du jardin d’Alice s’inscrit dans une tendance plus générale du quartier de la Chapelle, à Paris, d’où disparaissent progressivement les espaces collectifs.Lundi 25 novembre, une grande soirée sur "les jardins partagés, les squats, les lieux autogérés » s’est interrogée sur les moyens de redonner vie aux espaces« d’utopie concrète ».

Les occupants du jardin d’Alice ont jusqu’au 15 janvier pour faire leur déménagement. Après, tout sera rasé. La vieille bâtisse et son parquet en bois disparaîtront. Le potager laissera place à du béton. Ce lundi soir, chacun était ainsi invité à repartir avec une chaussure dans laquelle étaient disposés un peu de terreau, des graines et quelques germes. Pour continuer de cultiver l’esprit du jardin partagé, en attendant, peut-être, de le voir se réinstaller ailleurs…

Source et photos : Barnabé Binctin pour Reporterre.

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