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Fontenay en Transition

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Pour une vision positive du futur !


Portrait de Transitionneurs : Entretien avec Sylvie Mieussens, fondatrice et gérante de la Scop "Bulles de Vie"

Publié par Fontenay en Transition sur 14 Avril 2013, 10:25am

Catégories : #fontenay, #transition, #initiative, #bulle de vie, #Sylvie Mieussens

Portrait de Transitionneurs : Entretien avec Sylvie Mieussens, fondatrice et gérante de la Scop "Bulles de Vie"

Entretien avec Sylvie Mieussens, fondatrice et gérante de la Scop "Bulles de Vie".

AV : Sylvie, quand tu étais petite fille, que voulais-tu faire plus tard ?

Sylvie : Enfant, je rêvais du métier d'avocat. La vie a fait de moi une comptable responsable pendant 15 ans de dossiers sociaux où, là, j'ai toujours eu à cœur de respecter les droits des salariés, puis administratrice dans l'univers des producteurs de films documentaires, télévisuels et cinématographiques.

AV : Bulles de vie est dans la suite logique de l'Amap Champs libres et du Collectif Fruits : peux-tu nous raconter votre histoire ?

Sylvie : Bulles de vie est une aventure de plus de dix ans.

Avant l'Amap, j'ai été dépositaire de paniers de légumes et de fruits Bio (via le Campanier) ; mais l'éthique du distributeur ne me semblait pas aller à l'amble de leurs propos et j'ai préféré arrêter. C'est là que, cherchant une solution autre, j'ai découvert les - à l'époque - très récentes AMAP ; j'en ai parlé avec Claire Laubie et au même moment est parue dans le journal de la ville une annonce à l'initiative de Clémentine Fardoux qui avait découvert aussi ce mouvement : ensemble, nous avons donc créé Champs Libres.

Parallèlement aux fruits et légumes, j'accueillais aussi sous mon porche des paysans établis en Aveyron qui vendaient leur viande de broutard. Il y avait alors une vingtaine de familles, voisins et proches qui se ravitaillaient ici. Ensuite l'envie d'une garantie par le Label Bio et la difficulté pour certains de cuisiner le broutard m'ont fait quitter mes amis Aveyronnais pour la Ferme des Rabouin (en Anjou) qui vendent de la viande de bœuf et de veau plus habituelles pour les citadins.

La rencontre avec Jean-Louis Colas a entériné la création de l'AMAP Champs libres pour les légumes et son bon fonctionnement ; puis Jean-Louis nous a présenté Bernard Vincent : un autre groupe s'est créé avec comme lieu de distribution ma cour pour que chaque producteur bénéficie de son propre lieu de rencontres des consommateurs.

Mon investissement dans ce circuit m'a aussi amenée à aller deux fois en Lituanie pour "essaimer" le principe des AMAP. J'y ai fait de belles rencontres et les liens continuent d'exister puisque le mois dernier encore j'ai accueilli une Lituanienne qui a effectué un stage de maraîchage à Toussacq (ferme de Jean-Louis). En 2012, j'avais accueilli une autre personne venue faire un stage chez les boulangers qui fournissent Bulles de vie.

Toutes ces rencontres et les multiples distributions auxquelles j'ai participé montraient bien que les AMAP ne peuvent pas concerner tout le monde, soit pour des raisons financières, soit pour des raisons professionnelles ou d'emploi du temps ou aussi pour des raisons de personnes vivant seules ou d'engagement trop lourd.

Petit à petit, je me suis dit qu'il serait intéressant d'avoir une proposition autre qui concerne les produits issus de l'agriculture biologique, et peut-être faire l'expérience d'une autre forme d'économie : circuit court bien sûr mais essayer d'éviter l'impact d'un coût immobilier prohibitif en région parisienne. C'est pour cela que j'ai fait la demande à la ville de nous aider à trouver un lieu central dans la ville, mis à disposition pour que l'on puisse privilégier la rémunération du travail. Entre-temps, et pour ne pas retarder notre démarrage, j'ai une fois encore abrité l'activité dans ma cour.

Pour partir dans cette aventure et avoir la garantie de ne pas déraper, j'ai eu envie que l'association fasse partie de la SCOP, j'ai entraîné aussi Marianne qui est également associée de la SCOP.

Nous y sommes maintenant avec une installation effective depuis début novembre, saison peu propice avec cet hiver froid et long et ce printemps hivernal qui ne nous a pas fait perdre notre enthousiasme…

Les aides du Département des Fondations RATP et Chèque Déjeuner et d'élus nous ont confortés dans le bienfondé de notre démarche et surtout la présence des "clients" et "clients-adhérents" nous porte.

AV : Ce dynamisme ne peut que découler d'une conviction personnelle : pourrais-tu me l'exprimer avec tes propres mots ?

Sylvie : Ce qui me fait bouger et qui est mon moteur, c'est aussi le fait que je crois que nous nous trompons et que la société de croissance n'est pas la solution. Alors oui, si on veut, appelons "transition" ce moment qui risque d'être un peu long où un petit nombre de convaincus formera la "masse critique" qui enclenchera un autre projet de société.

AV : Comment te ressources-tu ? Qu'est-ce qui te fait du bien ?

Sylvie : J’ai du plaisir à partager de longs moments avec ma famille et avec mes amis, j’aime chanter et lire. Mes dernières lectures ont beaucoup été sur les sujets d'agriculture et d'économie mais j'ai adoré les contemporains Islandais : Arnaldur Indridason ou Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir au sujet duquel je partage l'avis du journaliste du Monde :« Incontestable réussite littéraire, Rosa candida démontre qu’une grande subtilité s’énonce parfois simplement. Sa gourmandise de détails et de petits événements, dont la beauté aussitôt fanée nourrit la mémoire des personnages comme du lecteur, est contagieuse. » Nils C. Ahl, Le Monde des livres

AV : Merci Sylvie d’avoir pris le temps de nous répondre. A bientôt sur l’Ilot Michelet !

Anne Vienney

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